crise de colère
Parentalité

⭐ La crise de colère chez l’enfant ⭐
10 astuces pour l’accompagner au mieux

En tant que parents, il n’est pas rare de se sentir démuni lorsque notre enfant traverse une crise de colère. Bien que normale, la colère est une émotion désagréable. Pour les enfants qui la vivent, mais aussi pour les parents qui essayent de la réguler. Voir son enfant se sentir mal peut en effet réveiller en nous des émotions difficiles. Dans cet article, nous allons voir comment accompagner au mieux son enfant lors de cette étape indispensable à son développement.

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Qu'est ce qu'une crise de colère ?

La colère est une émotion, que nous traversons tous au cours de notre vie. Elle se manifeste souvent suite à une frustration ou à une déception. Apprendre à la gérer passe donc par l’acceptation de celles-ci, et donc accepter que tout n’est pas possible. Ces crises peuvent aussi être l’expression d’autres émotions cachées derrière la colère, ou d’un besoin insatisfait. Elles peuvent également être liées à un stress, que l’enfant aura besoin de décharger. Elles se déclenchent quand le cerveau de l’enfant n’est plus capable de gérer ce qui se passe autour de lui, que ça soit dû à un excès de stimuli ou à une peur par exemple.

Manifestations

Lors d’une crise de colère, souvent désignée comme un caprice, l’enfant présente un comportement qui peut être déconcertant pour l’adulte. Pleurs, cris, ou encore agitation, que l’enfant ne peut contrôler. Etre en colère déclenche également plusieurs manifestations physiques. En effet, le taux d’adrénaline augmente, les battements du cœur et la respiration augmentent, le corps se tend et une sensation de chaleur l’envahit. Tous ces changements physiologiques perturbent l’enfant. Il n’est alors plus en mesure de communiquer autrement que par des cris ou des pleurs.

Pourquoi l'enfant ne peut-il réguler seul ses crises de colère ?

Les récentes découvertes en neurosciences nous éclairent sur le fonctionnement du cerveau et sa maturation. Bien qu’une grande partie du cerveau se forme durant les 5 premières années de vie, sa maturation se poursuivra jusqu’à la fin de l’adolescence, voire au-delà pour certaines zones. Le jeune enfant n’a donc pas encore la maturité cérébrale nécessaire à la régulation de sa colère. Ses émotions le submergent alors complètement. La zone du cerveau qui lui permettra de les réguler ne parviendra à maturité qu’au début de l’âge adulte. N’hésitez pas à visionner cette petite vidéo pour bien comprendre le fonctionnement du cerveau de l’enfant.

Les effets bénéfiques des crise de colère

La colère est indispensable à l’enfant. Elle lui permet en effet de décharger son stress et le trop plein d’émotions qui l’envahit. Si l’enfant est accompagné dans la gestion de sa colère, il en ressort souvent souriant et repart jouer. Elle répare ce qui dérangeait l’enfant, et rétablit ainsi son équilibre.

La colère est également un moyen de communication pour l’enfant qui n’a pas encore les mots et la maturité pour décrire ce qu’il ressent. Que ça soit pour s’opposer ou pour exprimer un désir, l’enfant va faire passer un message, et s’exprimer à travers elle. En général, quand un enfant se met en colère, c’est que quelque chose ne va pas, et il nous le dit à sa manière.

Elle est également constructrice pour l’enfant, quand elle fait suite à une frustration ou un refus de votre part. Céder pour donner à l’enfant ce qu’il souhaite n’est alors pas une bonne idée pour éviter la crise. L’enfant a en effet besoin de limites pour bien grandir, car cela le rassure.

Enfin, votre enfant se sentira d’autant plus en sécurité que vous l’aurez accompagné et aidé à gérer ses émotions. Il se sentira compris, et aura confiance en vous. Il saura qu’il peut vous faire part de ses émotions sans avoir peur.

Comment réagir face à une crise de colère ?

Pourquoi réprimander son enfant est mauvais ?

Parfois, ne sachant pas comment faire autrement, il peut arriver que le parent réponde à la colère de son enfant par des réprimandes, des cris, ou encore des coups. L’état de stress que ressent déjà l’enfant va alors se renforcer. Il n’arrivera donc pas plus à se calmer, cela risquant d’ailleurs d’augmenter l’intensité de sa crise. Mais, ils semble parfois se calmer suite à un coup. Mais cela est dû à sa réaction au stress qui le plonge dans un état de stupeur. L’enfant alors se fige et ne peut plus faire quoi que ce soit. Cette technique n’est donc pas efficace dans le sens où l’enfant se sentira bloqué dans l’expression de sa colère et gardera ainsi tout à l’intérieur.

Cela peut également avoir des conséquences à plus long terme sur l’estime qu’il a de lui-même, puisqu’il ne s’autorisera pas plus tard à ressentir et exprimer ses émotions et sentiments. Il pourra également avoir du mal à ressentir de l’empathie à l’âge adulte, et pourra ne pas réussir à régler ses conflits et problèmes autrement que par les cris et les coups.

Accompagner son enfant favorise la maturité cérébrale

Ce qu’il faut comprendre, c’est que les colères de l’enfant sont normales, et passagères. Patience donc ! En état de colère, l’enfant n’est pas capable de réguler ses émotions. Le rôle de l’adulte est alors de le rassurer, de le sécuriser et de le consoler. Plus l’enfant sera accompagné lors de ses crises de colère, et plus les connexions neuronales qui lui permettront de s’apaiser seul en grandissant se développeront. Un comportement parental affectueux et compréhensif lors des colères d’un enfant est donc nécessaire pour un développement harmonieux.

consoler un enfant

10 astuces pour accompagner les crises de colère de votre enfant

1. Prenez du recul

Lorsqu’un enfant s’énerve, cela provoque un stress chez le parent. Souvent, sa première réaction va être de s’énerver en retour. Il doit donc réussir à canaliser sa propre colère avant de pouvoir aider son enfant. Pour cela, il existe plusieurs technique de gestion du stress. A vous de trouver celle qui vous convient le mieux et qui sera la plus efficace. Cela peut être de respirer profondément, de s’asseoir, de boire un verre d’eau.

Afin d’inhiber vos impulsions, vous pouvez également vous demander ou demander à votre enfant « qu’est ce qui se passe ? ». N’oubliez pas qu’il peut se cacher une multitude de raisons derrière une crise de colère ! A vous de rechercher l’émotion sous-jacente à la colère, ou le besoin non satisfait de votre enfant pour apporter une réponse appropriée à sa colère si besoin. Réfléchissez ainsi à ce qu’il vient de se passer et qui aurait pu mettre votre enfant en colère.

Une petite chose qui peut également vous aider à rester calme est de voir la colère de votre enfant comme une formidable opportunité d’apprentissage pour lui. Comme nous l’avons vu plus haut, si vous l’aidez de manière adéquate, la maturation de son cerveau n’en sera que plus rapide !

2. Reconnectez-vous à votre enfant et aidez-le à se calmer

Une fois que vous aurez retrouvé ou gardé votre calme, il va falloir aider votre enfant à se calmer à son tour. La première étape va donc être d’établir un contact avec lui, afin de lui apporter la sécurité affective dont il a besoin. Pour cela, vous allez pouvoir vous mettre à sa hauteur et le regarder dans les yeux pour lui parler. Rassurez-le et dites-lui que vous êtes là et que vous allez l’aider. Si l’enfant l’accepte, vous pouvez également établir un contact physique. Vous pourrez lui prendre la main, ou encore lui faire un câlin. Le fait de toucher physiquement votre enfant libérera de l’ocytocine. Cette hormone anti-stress aidera l’enfant à se calmer plus facilement (et vous aussi)

Dans tous les cas, adoptez une attitude chaleureuse et compréhensive, un ton calme, un regard compréhensif, afin de diminuer le stress présent chez l’enfant. Le but ici étant de le rassurer, de le sécuriser et de le consoler.

3. Apportez à votre enfant des outils de gestion du stress

Une fois le contact physique établi, vous pourrez encourager votre enfant à respirer calmement pour essayer de calmer cette tempête émotionnelle. Pour certains, il s’agira de compter, ou de souffler. Vous pourrez également lui proposer de boire un verre d’eau, ou de se mouiller le visage. Là encore à vous de voir ce qui fonctionne chez votre enfant, et apportez-lui les outils dont il a besoin. Vous pourrez également en dehors des crises lui enseigner différentes techniques de relaxation telles que la respiration afin de l’aider à se calmer seul lors d’une prochaine colère.

4. Aidez votre enfant à exprimer corporellement sa colère

libérer sa colère

Certains enfants auront besoin de décharger leur colère de manière physique. Il pourra avoir envie de taper des pieds, ou de crier pour libérer sa colère. Vous pourrez d’ailleurs montrer à votre enfant comment crier dans un coussin pour qu’il puisse décharger son stress sans faire trop de bruit. Cela peut aussi être de pétrir une pâte à pain ou à pizza.

Un autre outil qui peut fonctionner est d’utiliser un coussin de colère. Par contre, comme nous verrons plus bas, il est important que le parent s’en serve aussi pour que ça soit efficace pour l’enfant. Il ne faut pas donner de petits coups dans le coussin mais plutôt un grand coup avec les deux mains (comme avec une hache ou une batte de baseball). Le fait de donner de grands coups et de faire de grands mouvements aideront l’énergie à se libérer. De petits mouvements, au contraire, ne feront qu’augmenter la colère de votre enfant. N’oubliez pas d’ajouter un cri quand vous frappez le coussin. Vous pourrez ainsi verbaliser par exemple « Non ! Je ne veux pas ! » etc…

5. Reconnaissez les émotions de votre enfant lors d'une crise de colère

Mettre des mots sur les émotions de votre enfant l’aidera à se sentir compris et écouté. Et cela aura souvent pour effet de diminuer sa colère. Pour cela, vous pourrez tout simplement dire : « Je vois que tu es en colère. Tu as le droit d’être en colère ». Vous pouvez également demander à votre enfant de confirmer le ressenti que vous lui proposez. « Es-tu en colère ? » « Il me semble que tu es en colère, est-ce bien cela ? ».

En agissant de cette façon, vous donnez également à votre enfant du vocabulaire quant à ce qu’il ressent, vocabulaire qu’il pourra réutiliser en cas de besoin. Il exprimera ainsi de mieux en mieux ses émotions en grandissant, et la régulation de ses émotions n’en sera que plus facile.

Vous pouvez utiliser cette technique même si vous devez arrêter le geste de votre enfant. Prenons l’exemple d’un enfant qui vient de construire une tour de cubes que bébé est venu détruire. Emporté par la colère, votre enfant cherche à taper bébé. Vous pourrez lui dire : « Je vois que tu es énervé contre ton frère car il a cassé la tour que tu avais mis du temps à construire. Je te comprends, c’est normal que tu sois en colère contre lui. Le problème c’est que les bébés ne savent pas construire des tours. Veux-tu que je t’aide à t’installer à un endroit où il ne pourra pas te déranger ? » Eviter d’utiliser le MAIS lorsque vous reconnaissez les émotions de votre enfant. Utilisez plutôt une formule comme « le problème c’est que » ou « même si tu sais que », pour mettre en évidence le problème sans faire culpabiliser votre enfant.

N’oubliez pas : toutes les émotions sont acceptables, mais tous les comportements ne le sont pas ! 

6. Utilisez l'imaginaire pour donner à votre enfant ce dont il a besoin

Parfois notre enfant est en colère car il veut quelque chose qu’il ne peut pas avoir. Prenons l’exemple d’un enfant dont les gâteaux préférés sont terminés, mais il est trop tard pour aller en acheter au magasin. Plutôt qu’un grand discours moralisateur sur le pourquoi ça n’est pas possible, vous pourrez tout simplement lui dire : « Ça serait bien si on pouvait avoir les clés du magasin ! On pourrait aller chercher tes gâteaux préférés à n’importe quel moment de la journée !! » Laissez l’enfant se prendre au jeu et créez avec lui un monde imaginaire.

imaginaire de l'enfant

7. Contenez votre enfant si la crise de colère est trop forte

Il arrive parfois que la crise de colère soit si forte que votre enfant soit pris dans une réelle décharge de stress et commence à se rouler par terre. Il va falloir alors le contenir avec tendresse, pour l’aider à passer ce cap, et éviter qu’il ne se fasse mal. Vous pourrez alors le saisir et, avec un genou à terre, l’installer sur votre jambe, chacune de ses jambes de chaque côté de la votre, le regard vers l’extérieur. Serrez-le alors avec tendresse contre vous afin qu’il décharge tout son stress. Vous pourrez lui appuyer doucement sur le ventre pour l’aider à crier si besoin.

8. Anticipez pour prévenir une future crise de colère

Afin de prévenir les crises de colère de votre enfant, il peut être bon de repérer ce qui les déclenche pour les éviter. Elles surviennent souvent lors de vos courses avec toutes les stimulations présentes dans le supermarché ? Occupez le cerveau de votre enfant en lui confiant une tâche, comme par exemple aller chercher les pommes. Votre enfant fait une crise lorsque vous lui refusez un bonbon ? Rangez-les hors de la vue de votre enfant afin d’éviter les tentations.

9. Montrez l'exemple

Les enfants apprennent de notre comportement et nous imitent. Apprenons nous-même à mieux gérer notre colère et nos frustrations. Donnez l’exemple à votre enfant. Lorsque vous êtes en colère, vous pourrez aussi verbaliser ce que vous ressentez (et qui normalement se passe à l’intérieur), afin que votre enfant prenne conscience qu’il arrive aussi à papa et maman d’être en colère. Si par exemple votre gâteau a brûlé au four vous pourrez dire : « Oh! Mon gâteau est raté ! Comme je suis frustrée et énervée ! J’ai envie de tout jeter à la poubelle ! Je respire pour me calmer… » Vous pourrez également utiliser le coussin de colère comme nous l’avons vu plus haut.

10. Ne culpabilisez pas !

Dans tous les cas, ne vous inquiétez pas et ne culpabilisez pas si vous n’arrivez pas à mettre ces outils en place, ou s’ils vous arrivent de répondre à la colère par la colère. Cela nous arrive à tous ! Il faut du temps pour changer sa façon de faire et abandonner nos vieux réflexes. Le fait que vous lisiez cet article montre votre volonté de changement, alors focalisez-vous sur le positif et pensez à toutes les fois où vous accompagnez votre enfant dans la gestion de ses émotions, et où vous l’avez ainsi aidé à grandir.

Et si vous dérapez, retournez voir votre enfant quand la tension sera redescendue, et excusez-vous sincèrement auprès de lui. Ainsi, il verra que nous aussi en tant que parents nous faisons des erreurs et que celles-ci nous aident à progresser.

J’espère que cet article vous a plu, et qu’il vous aidera à accompagner votre enfant durant ses crises de colère.
Et vous ? Quelles sont vos astuces pour faire face
aux colères de votre enfant ?
N’hésitez pas à partager votre expérience avec nous ou à poser vos questions en commentaires.
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Je m’appelle Séverine, j’ai 30 ans. Je suis maman de deux enfants de 4 ans 1/2 et 20 mois. Il y a un peu plus d’un an, nous commencions avec mon aînée une belle aventure : celle de l’école à la maison. Soucieuse de laisser mes enfants évoluer à leur rythme et passionnée par la pédagogie Montessori, c’est tout naturellement que j’ai choisi de l’appliquer au quotidien et dans les apprentissages. Aujourd’hui, je souhaite aider les mamans qui débutent et souhaitent appliquer cette pédagogie chez elles, en partageant mon expérience, des astuces et des outils concrets.

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